Michael Jackson : autopsie d’une automutilation
Décryptage
par Jean Stépanian
le 4 juillet 2009
Né noir, Michael Jackson meurt blanc. Spectral, même. L’affaire n’a pas ému grand monde. Au contraire, les éditorialistes saluent l’icône qui sut, « avant Obama », « dépasser » les barrières ethniques grâce à sa musique (1) ! « Un pionnier qui transcendait les races et les générations » (2). Point à la ligne. « Dépasser » ? « Transcender » ? Voilà pour la version officielle. Le blanchiment du cadet des « Jackson Five », quant à lui, ne serait que le dommage collatéral d’un nécessaire brassage culturel. 350 millions d’albums vendus, nous dit-on, n’est-ce pas d’abord et avant tout le signe d’une extraordinaire réussite, en phase avec une société qui aspire au mélange ?
Infantilisation
Reste la terrible histoire d’une automutilation. Joseph Jackson, le père, avait flairé le bon filon musical : il éleva ses enfants comme des animaux de foire, nous dit-on encore, à coup de hurlements et de ceinturon. Comme des animaux de foire... mais aussi comme de petites poupées. Car peut-être était-il bien là le « génie » commercial du père. Celui d’avoir compris que l’attirance de la société pour la musique noire n’avait que d’égal la crainte qu’inspirait encore massivement l’homme noir, - adulte et masculin - dans les années 60. Ce 14 décembre 1969-là, ce sont cinq jeunes noirs qui détrônent les Black Panthers dans l’actualité américaine, en faisant exploser le « Ed Sullivan Show ». Cinq mômes talentueux, mais surtout polis, policés, désarmés. Des voix dépourvus de discours. Politiquement et sexuellement immatures. Pour rester accroché au firmament, Michael collera jusqu’au bout à la partition infantilisante et castratrice certes peaufiné par le père, mais produit par toute une société.
Les "mâles" en première ligne
Car, comme dans toute société, c’est d’abord le mâle « étranger » qui est en cause ; c’est lui qui inspire la peur – tandis que la femme et l’enfant sont davantage jugés assimilables. Un réflexe archétypal venu de la nuit des temps, que s’approprièrent – certes à leur manière - les génocideurs ottomans. Descendants de « sujets du Sultan » pour la plupart, les Arméniens du XXIe siècle – pas plus que les descendants d’esclaves noirs - ne pourront faire éternellement l’économie de savoir en détail ce que six siècles de servitudes et d’effroi leur ont légué...
Jean Stépanian
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(1) France-Inter, La Matinale, 30/06/09
(2) Ouest-France, 30/06/09
En y repensant, je trouve la presse vraiment hypocrite. Il y a plusieurs années, michael jackson avait fait l’objet d’un lynchage médiatique lors de son procès et, bien sûr, tous les médias étaient contre lui, souhaitant le voir tomber ( pour vendre et faire un scoop ? ). Depuis sa mort, c’est tout l’inverse, la presse en fait une idole, à juste titre me direz-vous. Cependant est-ce enfin son talent qui reprend le dessus ou est-ce encore une façon de vendre. Il faut dire que notre monde est pourri par l’argent ... Tout cela me laisse perplexe.
Pierre de indiana-jeux.com
Et maintenant quelle direction pour la FRA ?
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